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«Car c'est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir» (PhiI2:13).
Aujourd'hui, une très grande confusion règne et les opinions les plus erronées sont avancées - même par un grand nombre de chrétiens - concernant la nature et le pouvoir de la volonté de l'homme déchu. L'idée la plus répandue, enseignée dans maintes Eglises, est la suivante: l'homme possède un «libre arbitre» (une volonté libre) et le pécheur est sauvé lorsque cette volonté collabore avec le Saint-Esprit. La négation du «libre arbitre» de l'homme, c'est-à-dire de son pouvoir de choisir ce qui est bon, sa capacité naturelle d'accepter Christ, entraîne la désapprobation quasi-générale même de la pan de ceux qui tiennent une position évangélique. Cependant l'Ecriture déclare avec force: «Cela ne dépend ni de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde» (Rom 9:16). A nouveau la Parole affirme expressément: «Nul ne cherche Dieu» (Rom 3:11). Christ n'a-t-il pas dit aux hommes de sa génération, «Et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie»? (Jean 5:40) Pourtant certains sont réellement «venus» à lui et l'ont reçu. Qui étaient-ils? Jean 1:12 et 13 répond: «Mais à tous ceux qui l'ont reçue [la lumière du monde], à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu»!
Mais l'Ecriture ne dit-elle pas, «Que celui qui veut vienne»? En effet, mais cette phrase signifie-t-elle que tout homme a la volonté de venir? Que dire de ceux qui ne veulent pas venir? De même que l'expression «Etend ta main» n'implique pas la présence, en l'homme à la main desséchée, de la capacité d'obéir à cet ordre, l'invitation «Que celui qui veut vienne» n'implique pas en l'homme déchu la présence de la capacité de venir. En lui-même l'homme naturel a le pouvoir de rejeter Christ et non celui de le recevoir. Pourquoi? Parce que son esprit est «inimitié» contre lui (Rom 8:7); parce que son cœur le hait (Jean 15:18). L'homme choisit selon sa nature. Par conséquent, il ne peut choisir ou préférer le divin et le spirituel, si une nouvelle nature ne lui a été d'abord communiquée; en d'autres termes, il doit naître de nouveau.
Mais, vous demanderez-vous peut-être, le Saint-Esprit ne triomphe-t-il pas de l'inimitié et de la haine de l'homme quand il convainc le pécheur de ses péchés et de son besoin de Christ? Le Saint-Esprit de Dieu ne produit-il pas cette conviction chez beaucoup de ceux qui périssent? Ce langage trahit une confusion. Si l'inimitié de ces personnes avait réellement été vaincue, alors elles se tourneraient aussitôt vers Christ. Quiconque ne vient pas au Sauveur démontre la persistence de son inimitié. Beaucoup, il est terriblement vrai, au travers de la prédication de l'Evangile, sont convaincus par le Saint-Esprit et néanmoins meurent sans la foi. Le Saint-Esprit, ne perdons pas ce fait de vue, accomplit quelque chose de plus chez les élus de Dieu: il «produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir» (Phil2:13).
Cependant, l'arminien répondra à ce que nous venons de dire en affirmant que l'œuvre de conviction de l'Esprit est la même chez les convertis et les inconvertis: les premiers cèdent à ses efforts, alors que les derniers y résistent, ce qui crée la distinction entre ces deux catégories de personnes. Mais, selon cette affirmation, le chrétien serait à l'origine de cette différence, or l'Ecriture l'attribue à un don de Dieu (1 Cor 4:7). De plus, cette affirmation donnerait au chrétien un motif de s'enorgueillir et de se glorifier de sa collaboration avec l'Esprit. Mais cette optique contredit de façon catégorique le texte d'Ephésiens 2:8: «Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu.»
Venons-en maintenant à l'expérience véritable de tout chrétien. N'y eut-il pas une époque (dont le souvenir ne manquera pas de nous humilier!) où nous ne voulions pas venir à Christ? Sans aucun doute. Depuis lors nous sommes venus à lui. Sommes-nous prêts à lui en attribuer toute la gloire? (cf ps 115:1) II nous faut reconnaître que le Saint-Esprit a surmonté notre refus et nous a disposés à venir. Par contre, il n'a manifestement pas agi en tous comme il l'a fait en nous. Un grand nombre ont entendu l'Evangile et compris leur besoin de Christ, sans toutefois vouloir encore venir à lui. Il a donc accompli une œuvre plus puissante en nous qu'en eux. Disons-nous: «Je me souviens pourtant très bien de l'époque où le salut me fut présenté, et ma conscience témoigne du rôle de ma volonté en cédant à Jésus-Christ»? Certes. Mais avant que nous «cédions», le Saint-Esprit a dû vaincre l'inimitié naturelle de notre esprit contre Dieu. Or, il ne vainc pas cette «inimitié» chez tous. Cela ne vient pas de ce qu'ils refusent de laisser vaincre leur inimitié, car tous agissent ainsi avant qu'un miracle de grâce divine toute-puissante ne transforme leur cœur.
Demandons-nous maintenant en quoi consiste la volonté humaine? S'agit-il d'une faculté autonome et souveraine, ou est-elle dirigée par autre chose? La volonté surpasse-t-elle toutes les autres facultés de notre être au point de les gouverner, ou est-elle affectée par leurs impulsions et sujette à leurs caprices? La volonté dirige-t-elle l'esprit, ou celui-ci la contrôle-t-il? La volonté est-elle libre d'agir comme bon lui semble, ou une autorité extérieure à elle-même la force-t-elle à lui obéir? Il a été écrit: «La volonté occupe-t-elle une place à part parmi les grandes facultés ou pouvoirs de l'âme, homme dans l'homme, capable de le renverser, de s'opposer à lui? Ou est-elle reliée aux autres facultés, comme la queue s'attache au corps et ce dernier à la tête? Ainsi, quand la tête se déplace tout le corps suit. De même «l1 homme est tel que sont les pensées dans son âme». Tout d'abord la pensée, puis le cœur (désir ou aversion) et enfin l'acte. Le chien remue la queue, et non celle-ci le chien. La volonté n'est pas chez l'homme la faculté première, mais elle est soumise aux autres. La vraie philosophie de l'action morale correspond au processus de Genèse 3:6: «La femme vit que l'arbre était bon à manger et agréable à la vue» (perception des sens, intelligence), «et qu'il était précieux pour ouvrir l'intelligence» (les émotions, sentiments), «elle prit de son fruit, et en mangea» (volonté, action). Ces questions ne revêtent pas seulement un intérêt académique, mais possèdent une importance pratique capitale. Nous ne pensons pas exagérer en affirmant que la réponse à ces questions constitue un critère essentiel de la saine doctrine.--1
1. La nature de la volonté humaine
Qu'est-ce que la volonté? C'est la faculté de choisir, la cause immédiate de toute action. Choisir implique nécessairement un refus et une acceptation. Avant tout choix, les éléments positifs et négatifs doivent être tous deux présents à l'esprit. Tout acte de volonté comprend une préférence, le désir d'une chose plutôt qu'une autre, car aucun acte de volonté ne peut avoir lieu dans l'indifférence. Vouloir c'est choisir, et choisir revient à décider entre des alternatives. Mais quelque chose influence le choix et détermine la décision. Par conséquent la volonté ne peut pas être souveraine puisqu'elle dépend de ce «quelque chose». Elle ne peut être en même temps la cause et l'effet. Elle n'est pas causale car, comme nous l'avons dit, quelque chose est à l'origine de son choix; par suite cet élément en constitue la cause. Le choix lui-même est affecté par certaines considérations, déterminé par des influences diverses subies par l'individu lui-même. Ainsi la volition dépend de ces considérations et de ces influences; auquel cas elle doit leur être soumise. Ainsi elle n'est pas souveraine et nous ne pouvons pas en revendiquer la «liberté» absolue. Les actes de la volonté n'ont pas leur source en eux-mêmes - affirmer le contraire revient à poser le postulat d'un effet sans cause. «Ex nihilo nihil fit» - rien ne vient de rien.
A toutes les époques, toutefois, des partisans de la liberté ou souveraineté absolue de la volonté humaine ont existé. La volonté, soutiendront certains, possède un pouvoir autodéterminant. Ainsi, je peux regarder vers le haut ou vers le bas: mon esprit demeure indifférent, ma volonté doit décider. Il s'agit d'une contradiction dans les termes. D'après cet exemple, je choisis en raison d'une préférence tout en restant parfaitement indifférent. De toute évidence les deux ne peuvent être vrais. L'esprit, pourrait-on répliquer, était tout à fait indifférent avant de manifester sa préférence. Certes, mais jusqu'à ce moment-là la volonté aussi demeurait inactive! Mais à l'instant où l'indifférence disparut, le choix s'opéra, et l'indifférence céda la place à la préférence. Ce dernier fait renverse l'argument reconnaissant à la volonté la capacité de choisir entre deux éléments désirés de façon égale. Comme nous l'avons déjà dit, un choix implique l'acceptation d'une alternative et le rejet d'une ou de plusieurs autres. L'élément déterminant de la volonté est celui qui la pousse à choisir. Qu'est-ce qui détermine la volonté? Le mobile le plus puissant. La nature de ce mobile varie selon les cas. Il s'agit parfois de la logique de la raison, ou la voix de la conscience, ou l'impulsion des émotions, le chuchotement du tentateur, ou encore la puissance du Saint-Esprit. La volonté est poussée à agir par le mobile exerçant l'influence la plus puissante sur l'individu. En d'autres termes, l'action de la volonté est déterminée par cette condition de l'esprit (qui à son tour est influencée par le monde, la chair et le diable, ou bien par Dieu) dotée de la plus grande capacité pour susciter la volition. Pour illustrer nos propos, analysons un exemple simple. Un certain dimanche après-midi, l'un de mes amis souffrait d'un mal-de-tête sévère. Il désirait rendre visite à des malades, mais dans ce cas sa condition, il le craignait, empirerait et par suite il serait incapable d'assister à la prédication de l'Evangile le soir même. Deux alternatives se présentaient à lui: rendre visite aux malades l'après-midi et risquer d'être malade lui-même, ou se reposer pendant l'après-midi (et rendre visite aux malades le lendemain), et sans nul doute être en meilleure forme pour la réunion d'évangélisation du soir. Qu'est-ce qui poussa mon ami à choisir entre ces deux alternatives? La volonté? Pas du tout. A la fin, il est vrai, la volonté procéda à un choix, niais elle y fut poussée. Dans l'exemple ci-dessus certaines considérations comportaient des motifs de poids propres à sélectionner l'une ou l'autre alternative; ces motifs furent pesés par l'individu lui-même, par son cœur et son esprit, et l'alternative reposant sur les motifs les plus puissants obtint la préférence; la décision suivit, puis la volonté agit. D'une part, mon ami se sentait poussé par le sens du devoir à rendre visite aux malades; il était ému de compassion à cette pensée, et ainsi un motif de poids se présentait à son esprit. D'autre part, son jugement lui rappela son indisposition, son besoin urgent de repos, et l'aggravation probable de son état qui l'empêcherait d'assister le soir à la prédication de l'Evangile. De plus, il savait qu'il pourrait le lendemain, Dieu voulant, rendre visite aux malades. Ainsi décida-t-il de se reposer pendant l'après-midi. Deux alternatives se présentaient à ce chrétien: d'un coté le sens du devoir et sa propre compassion, de l'autre le sentiment de son propre besoin et un réel souci de la gloire de Dieu, car il avait la conviction qu'il devait assister le soir à la prédication de l'Evangile. La dernière alternative triompha. Les considérations spirituelles pesèrent plus lourd que son sens du devoir. Sa volonté agit selon la décision qu'il avait prise et il se retira pour se reposer. L'analyse prouve que, dans le cas présent, des considérations spirituelles dirigèrent l'esprit ou la faculté de raisonnement et que celui-ci régla et contrôla la volonté. Si par conséquent l'esprit contrôle la volonté, elle n'est ni souveraine, ni libre.
La volonté, enseigne-t-on souvent, gouverne l'homme. Mais, selon la Parole de Dieu, le centre dominant de notre être est «le cœur». De nombreux passages bibliques pourraient être cités pour soutenir cette affirmation; «Garde ton cœur plus que toute autre chose, car de lui viennent les sources de la vie» (Prov 4:23). «Car c'est du dedans, c'est du cœur des hommes, que sortent les mauvaises pensées, les adultères, les impudicités, les meurtres...» (Marc 7:21). Ici, le Seigneur fait remonter ces actes répréhensiblcs à leur source, le «cœur» et non la volonté! De nouveau, «Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est éloigné de moi» (Mat 15:8). Si davantage de preuves s'avéraient nécessaires, nous pourrions attirer l'attention sur le fait suivant: la Bible cite le mot «cœur» trois fois plus que le mot «volonté» et, de plus, presque la moitié de ces références se rapportant à la volonté concerne celle de Dieu!
Quand nous affirmons, «Le cœur et non la volonté gouverne l'homme», nous ne désirons pas couper les cheveux en quatre, mais mettre l'accent sur une distinction d'importance vitale. Prenons le cœur d'une personne confrontée à deux alternatives; laquelle va-t-elle choisir? La plus agréable pour elle, c'est-à-dire, pour son «cœur» - partie la plus profonde de son être. Le pécheur se trouve confronté d'une part à une vie de vertu et de piété, d'autre part à une vie d'abandon au péché. Laquelle des deux suivra-t-il? La seconde. Pourquoi? Parce qu'il en a fait le choix. Mais ce fait prouve-t-il le caractère souverain de la volonté? Nullement. Remontons de l'effet à la cause. Pourquoi choisit-il une vie d'abandon au péché? Parce qu'il la préfère. Il la préfère vraiment envers et contre tout, même s'il ne jouit aucunement des effets d'un pareil choix. Et pourquoi la préfère-t-il? Parce que son cœur est pécheur. La même alternative s'offre au chrétien mais il choisit et s'efforce de mener une vie de piété et de vertu. Pourquoi? Parce que Dieu lui a donné un cœur nouveau, une nature nouvelle. En résumé, la volonté du pécheur ne le rend pas insensible à tout appel «d'abandonner sa voie», mais la responsabilité en incombe à son cœur corrompu et méchant. Il ne viendra pas à Christ car il ne le veut pas, et cela parce que son cœur hait Dieu et aime le péché! (cf: Jer 17:9)--2
2. L'esclavage de la volonté humaine
Tout exposé sur la volonté humaine, sa nature et sa fonction, doit distinguer entre trois hommes différents: Adam avant la chute, le pécheur et le Seigneur Jésus-Christ. La volonté d'Adam avant la chute était libre, à la fois envers le bien et le mal. Il n'en est pas de même pour le pécheur. Ce dernier naît avec une volonté moralement déséquilibrée car en lui se trouve un cœur «tortueux par-dessus tout et incurable», et cette réalité lui confère un penchant pour le mal. Le Seigneur Jésus, lui, diffère radicalement à la fois du pécheur et d'Adam avant la chute. Il ne pouvait pas pécher, car il est «le saint de Dieu». Avant sa venue ici-bas, Marie reçut ces paroles: «Le Saint-Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C'est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu» (Luc 1:35). La volonté du Fils de l'Homme, nous le disons avec un très grand respect, n'était pas dans une position neutre, capable de se tourner soit vers le bien soit vers le mal. La volonté du Seigneur Jésus était tournée vers le bien, car son humanité parfaite, sainte et sans péché, va sans cesse de pair avec sa divinité éternelle. Or, à l'opposé de la volonté du Seigneur Jésus, toujours dirigée vers le bien, de celle d'Adam, en condition neutre avant la chute - capable de se tourner vers le bien ou vers le mal - la volonté du pécheur a un penchant vers le mal et, par suite, n'est «libre» que dans une seule direction: celle du mal. La volonté du pécheur est enchaînée car, comme nous l'avons déjà dit, elle est esclave d'un cœur corrompu.
En quoi consiste la liberté du pécheur? Cette question découle naturellement des propos ci-dessus. Le pécheur est libre au sens où il n'est pas contraint de l'extérieur -- 3
Personne ne l'oblige jamais à pécher. Il n'est cependant pas libre d'accomplir soit le bien, soit le mal, car son cœur mauvais le pousse toujours à pécher. Prenons une illustration. Je tiens un livre à la main. Je le lâche. Qu'arrive-t-il? Il tombe. Dans quelle direction? Vers le bas; toujours vers le bas. Pourquoi? Parce que, d'après la loi de la gravité, son poids l'entraîne dans cette direction. Si je désire que le livre soit à un mètre plus haut, que dois-je faire? Je dois le soulever, exercer une force extérieure au livre qui le soulève. Il en est de même avec la relation de l'homme déchu et de Dieu. Quand la puissance divine le soutient, il ne s'enfonce pas plus profondément dans le péché. Elle se retire et il tombe - son propre poids (de péché) l'entraîne. Dieu ne le tire pas vers le bas, plus que moi le livre. Si la puissance divine se retirait entièrement, tout homme serait capable de devenir, et deviendrait en réalité, un Caïn, un Pharaon, un Judas. Comment le pécheur peut-il s'élever vers le ciel? Par un acte de sa propre volonté? Cènes pas. Une puissance extérieure à lui-même doit le saisir et le soulever. Le pécheur est libre, mais seulement dans une direction - libre de tomber, de pécher. Comme la Parole l'exprime: «Lorsque vous étiez esclaves du péché, vous étiez libres à l'égard de la justice» (Rom 6:20). Le pécheur est libre d'agir toujours comme il lui plaît (sauf quand Dieu le retient), mais il se plaît dans le péché.
3. L'impotence de la volonté humaine
Au début de ce chapitre, nous avons insisté sur l'importance pratique d'avoir une conception juste de la nature et de la fonction de la volonté, critères fondamentaux de la saine doctrine. Nous souhaitons amplifier cette affirmation et essayer de démontrer son exactitude. La liberté ou l'esclavage de la volonté constituaient la frontière entre l'augustinianisme et le pélagianisme et, plus récemment, entre le calvinisme et l'arminianisme. En termes simples, fallait-il affirmer ou nier la corruption totale de l'homme?
La volonté humaine est-elle capable d'accepter ou de rejeter le ' Seigneur Jésus comme Sauveur? Si l'Evangile est prêché au pécheur et que le Saint-Esprit le convainc de sa condition de perdu, l'homme peut-il s'abandonner à Dieu par la seule puissance de sa ; propre volonté? Notre réponse à cette question définit notre) conception de la corruption de l'homme. Pour tous les chrétiens l'homme est un être déchu, mais leur définition du mot «déchu» est souvent difficile à déterminer. Pour beaucoup l'homme est maintenant mortel et non plus dans son état originel lors de la création; il peut être malade et avoir hérité des penchants mauvais mais, s'il utilise ses pouvoirs au mieux, il deviendra enfin heureux. Comme cette conception est bien en-dessous de la triste réalité! Nos infirmités, nos maladies, même la mort physique, ne sont rien comparées aux effets spirituels et moraux de la chute! Seulement en nous référant aux Saintes Ecritures, pouvons-nous avoir une idée juste de cette terrible catastrophe.
Lorsque nous parlons de la corruption totale de l'homme, nous voulons dire que le péché, ayant pénétré dans la constitution humaine, en a affecté toutes les facultés. La corruption totale signifie que l'homme, dans son esprit, dans son âme et dans son corps, est l'esclave du péché et le captif de Satan - marchant «selon le prince de la puissance de l'air, de l'esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion» (Eph 2:2). Cette affirmation ne devrait pas avoir besoin de preuve, car il s'agit d'un fait courant de l'expérience humaine. L'homme est incapable de réaliser ses propres aspirations et de matérialiser ses propres idéaux. Il ne peut accomplir ses désirs. Une incapacité morale le paralyse. C'est la preuve flagrante de son absence de liberté et de sa condition d'esclave du péché et de Satan. «Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père» (Jean 8:44). Le péché, plus qu'un acte ou une série d'actes, est un état ou une condition. C'est la source et la cause de toute action. Le péché a pénétré et s'est répandu dans l'homme en son entier. Il a aveuglé son intelligence, corrompu son cœur et séparé son esprit de Dieu. La volonté n'a pas échappé à son emprise. Elle est sous la domination du péché et de Satan. Par conséquent, elle n'est pas libre. Bref, les préférences et les choix de la volonté résultent de l'état du cœur, «tortueux par-dessus tout et incurable». «Nul ne cherche Dieu» (Rom 3:11).
Nous répétons notre question: la volonté humaine est-elle capable de s'offrir à Dieu? Essayons de donner une réponse en nous posant plusieurs autres questions: l'eau peut-elle (par elle-même) s'élever au-dessus de son propre niveau? La pureté peut-elle provenir de l'impureté? La volonté peut-elle renverser la tendence et le penchant de la nature humaine? Ce qui est sous la domination du péché peut-il produire la pureté et la sainteté? De toute évidence, non. Si la volonté d'un être déchu et corrompu se tourne vers Dieu, une puissance doit renverser les influences contraires du péché qui l'en éloignent. C'est une autre manière d'affirmer, «Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m'a envoyé ne l'attire» (Jean 6:44). En d'autres termes, «Cela ne dépend ni de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde» (Rom 9:16). Comme J N Darby l'a déclaré: «Si Christ est venu sauver les perdus, le libre arbitre n'a aucune place. Dieu n'empêche certes pas les hommes de recevoir Christ, loin de là. Mais, même quand Dieu utilise toutes les persuasions possibles, et toutes les influences capables de convaincre le cœur de l'homme, ce dernier montre clairement son hostilité. Son cœur est si corrompu et sa volonté si décidée à ne pas se soumettre à Dieu (peu importe que ce soit Satan qui l'encourage à pécher), que rien ne peut l'inciter à recevoir le Seigneur et à abandonner le péché. Si par «liberté de l'homme», on veut dire que personne ne le force à/ rejeter le Seigneur, c'est vrai. Par contre, si en raison de la: domination du péché, dont il est l'esclave, et par sa volonté, il ne peut échapper à sa condition et choisir le bien, alors il n'a aucune liberté.»
La volonté n'est pas souveraine mais dépendante, car les autres facultés de l'être humain l'influencent et la contrôlent. Elle n'est pas libre, car l'homme est l'esclave du péché, ce qui apparaît très clairement dans les paroles du Seigneur: «Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres» (Jean 8:36). L'homme est un être rationnel et par suite responsable envers Dieu, mais lui reconnaître la capacité de choisir le bien dans le domaine spirituel revient à nier la corruption totale de sa nature, la corruption de la volonté comme de toutes ses autres facultés. La volonté de l'homme est gouvernée par son esprit et son cœur. Or le péché a corrompu et perverti ceux-ci. Ainsi pour que l'homme se tourne vers Dieu, Dieu lui-même doit œuvrer en lui; «car c'est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir» (Phil 2:13). La liberté tant vantée de l'homme est, en vérité, «l'esclavage de la corruption». Il «est asservi à toute espèce de désirs et de passions». Un serviteur de Dieu fondé dans les Ecritures, a écrit: «L'homme est impuissant quant à sa volonté. Cette dernière est opposée à Dieu. Je crois à la libre volonté, mais alors il s'agit d'une volonté libre seulement pour agir selon sa nature. Une colombe ne saurait vouloir manger de la charogne ni un corbeau manger la nourriture délicate de la colombe. Mais si vous donnez au corbeau la nature de la colombe, il mangera alors la nourriture de celle-ci. Satan est incapable de vouloir la sainteté. Dieu, nous le disons avec respect, est incapable de vouloir le mal. Le pécheur dans sa nature pécheresse ne peut jamais vouloir agir selon Dieu. Pour y parvenir, il doit naître de nouveau. » Telle est précisément la conception exposée tout au long de ce chapitre: la volonté est dirigée par la nature.
Parmi les décrets du Concile de Trente (1563) qui font autorité dans le catholicisme, nous trouvons (dans les Canons sur la Justification) les affirmations suivantes: «Si quiconque affirme que la libre volonté, mue et stimulée par Dieu, ne co-opère pas, d'un commun accord, avec Dieu, source de la stimulation, dans le but de le disposer et de le préparer pour l'obtention de la justification, si de plus quiconque dit que la volonté ne peut refuser de se soumettre, si elle le désire, mais qu'elle est inactive et simplement passive, qu'il soit anathème! » «Si quiconque affirme que, depuis la chute d'Adam, la libre volonté de l'homme est déchue et anéantie; ou qu'elle existe seulement de nom, qu'elle est une fiction introduite par Satan dans l'Eglise, qu'il soit anathème!» Ainsi, quiconque insiste sur la libre volonté de l'homme naturel croit en réalité à l'enseignement catholique romain sur le sujet!
Trois choses sont indispensables pour le salut du pécheur: Dieu le Père doit décider son salut, Dieu le Fils l'acquérir et Dieu le Saint-Esprit l'appliquer. Dieu ne se contente pas de nous inviter sinon nous serions tous perdus. L'Ancien Testament nous en donne une illustration frappante. Dans Esdras 1:1-3 nous lisons: «La première année de Cyrus, roi de Perse, afin que s'accomplît la parole de l'Eternel prononcée par la bouche de Jérémie, l'Eternel réveilla l'esprit, de Cyrus, roi de Perse, qui fit faire de vive voix et par écrit cette publication dans tout son royaume: Ainsi parle Cyrus, roi de Perse: L'Eternel, le Dieu des cieux, m'a donné tous les royaumes de la terre, et il m'a commandé de lui bâtir une maison à Jérusalem en Juda. Qui d'entre vous est de son peuple? Que son Dieu soit avec lui, et qu'il monte à Jérusalem en Juda et bâtisse la maison de l'Eternel, le Dieu d'Israël!» Nous avons ici une offre proposée à un peuple en captivité, lui donnant l'occasion de partir et de retourner à Jérusalem, la ville sainte. Tout le peuple d'Israël répondit-il à cette offre? Pas du tout! La grande majorité se contenta de rester dans le pays de leurs ennemis. Seul un petit nombre (un reste) tira parti de cette offre de miséricorde! Pourquoi? Ecoutons la réponse de l'Ecriture: «Les chefs de famille de Juda et de Benjamin, les sacrificateurs et les Lévites, tous ceux dont Dieu réveilla l'esprit, se levèrent pour aller bâtir la maison de l'Etemel à Jérusalem»! (Esd 1:5) De même, Dieu «réveille l'esprit» de ses élus quand il les appelle puissamment au salut et, avant cet instant, ils ne possèdent aucune volonté à répondre à la proclamation divine.
L'œuvre superficielle d'un grand nombre d'évangélistes professionnels de ces cinquante dernières années est largement responsable de l'optique erronnée et maintenant courante sur l'esclavage de l'homme naturel, encouragée par la paresse de l'auditoire à «examiner toutes choses» (1 Thés 5:21). Beaucoup d'enseignement évangélique nous donne l'impression que le salut du pécheur repose entièrement en son pouvoir. On entend dire souvent: «Dieu a fait sa part, maintenant l'homme doit faire la sienne.» Hélas, par nature l'homme est mort par ses offenses et par ses péchés"(Eph 2:1). Or, que peut faire un homme privé de la vie? Si les chrétiens croyaient vraiment à la vérité, ils compteraient davantage sur le Saint-Esprit et sa puissance miraculeuse, et moins sur leur tentative de «gagner des hommes à Christ».
Quand ils s'adressent aux non-convertis, les prédicateurs dressent souvent une analogie entre le don de l'Evangile que Dieu offre aux pécheurs et un homme malade dans un lit, avec le médicament miracle sur sa table de nuit: il n'a qu'à étendre la main et saisir ce médicament. Mais cette affirmation devrait être en tous points conforme à l'image de l'homme déchu et corrompu donnée par l'Ecriture. Par conséquent le malade doit être aveugle (Eph 4:18), incapable de voir le médicament, avoir la main paralysée (Rom 5:6) et être incapable de le saisir, et son cœur dénué de toute confiance dans le remède et rempli de haine envers le docteur lui-même (Jean 15:18). Que cette optique de la condition désespérée de l'homme, soutenue aujourd'hui, est superficielle! Christ est venu ici-bas non pas pour aider ceux disposés à s'aider eux-mêmes, mais pour accomplir pour son peuple ce que ce dernier est incapable de réaliser: «Pour ouvrir les yeux des aveugles, pour faire sortir de prison le captif, et de leur cachot ceux qui habitent dans les ténèbres» (Esa 42:7).
Pour conclure, permettons-nous d'anticiper et de répondre à l'objection habituelle et inévitable. Pourquoi prêcher l'Evangile, si l'homme n'a pas la force d'y répondre? Pourquoi inviter le pécheur à venir à Christ, si, esclave du péché, il ne peut par lui-même venir? Nous ne prêchons pas l'Evangile parce que nous croyons que le libre arbitre de l'homme lui permet de recevoir Christ, mais parce que la Bible nous l'ordonne --4.(Marc 16:15). «Car la prédication de la croix est une folie pour ceux qui périssent; mais pour nous qui sommes sauvés elle est une puissance de Dieu» (1 Cor 1:18). «Car la folie de Dieu est plus sage que les hommes, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes» (1 Cor 1:25). Le pécheur est mort dans ses transgressions et ses péchés (cf Eph 2:1), et un homme mort est totalement incapable de vouloir quoi que ce soit; c'est pourquoi «ceux qui vivent selon la chair ne sauraient plaire à Dieu» (Rom 8:8).
La prédication de l'Evangile aux morts, à ceux incapables d'agir, apparaît, pour la sagesse humaine, comme une folie à nulle autre pareille. Cependant les voies de Dieu ne sont pas les nôtres. Il plaît à Dieu «de sauver les croyants parla folie de la prédication» (1 Cor 1:21). Prêcher à des «ossements» et leur dire: «Ossements desséchés, écoutez la parole de l'Eternel! » (Ezec 37:4) peut paraître une folie pour l'homme. Mais il s'agit de la Parole du Seigneur, et ces mots «sont esprit et vie» (Jean 6:63). Des hommes sages debouts à coté de la tombe de Lazare auraient pu déclarer le Seigneur fou quand il adressa à un mon ces paroles: «Lazare, lève-toi!» Mais celui qui parlait alors est lui-même la résurrection et la vie; à sa parole même les morts vivent! Nous continuons à prêcher l'Evangile non pas en raison de notre foi en la puissance des pécheurs jie .recevoir le Sauveur, mais parce que l'Evangile lui-même est la puissance de Dieu pourîë salut de quiconque croit, et parce que nous savons que «tous ceux qui étaient destinés à la vie étemelle» (Actes 13:48) croiront (cf Jean 6:37; 10:16 - remarquez le caractère de certitude de ces versets!) au temps fixé par Dieu.
Les thèses soutenues dans ce chapitre ne sont pas un produit de la «pensée moderne», car elles lui sont totalement opposées. Les hommes, depuis quelques générations, ont abandonné l'enseignement de leurs pères fondé dans les Ecritures. Dans les trente-neuf articles de l'Eglise anglicane nous lisons: «La condition de l'homme après la chute d'Adam est telle qu'il ne peut pas, de lui-même, exercer une foi au salut par sa force naturelle, ses bonnes œuvres et en invoquant Dieu. Par conséquent, nous n'avons aucune puissance pour accomplir de bonnes œuvres agréables et acceptables aux yeux de Dieu, sans la grâce prévenante de Dieu en Christ agissant en nous afin de nous accorder une bonne volonté qui puisse entrer en action» (Article 10). Dans le grand Catéchisme de Westminster (faisant autorité autrefois dans toutes les Eglises presbytériennes) nous lisons en réponse à la question 25: «L'état de péché dans lequel l'homme est tombé, consiste dans la culpabilité du péché originel d'Adam, dans l'absence de la justice qu'il possédait lors de sa création, et en la corruption de sa nature par laquelle il est totalement incapable, inapte, opposé à tout ce qui est spirituellement bon, et entièrement enclin au mal et ceci continuellement.» Dans la Confession de Foi des Baptistes de Philadelphie (1742) au chapitre 9 nous lisons: «L'homme, par sa chute dans un état de péché, a entièrement perdu toute capacité de vouloir le bien spirituel faisant partie du salut. Aussi, comme un homme naturel, opposé au bien, est mort dans ses péchés, il est incapable par sa propre force de se convertir ou de s'y préparer.»
Références
1. Dans un article intitulé «Le prétendu libre arbitre de l'homme», J N Darby a écrit: «La résurgence de la doctrine du libre arbitre sert à étayer la prétention que possède l'homme naturel de ne pas être déchu de façon irrémédiable, car c'est l'aboutissement logique de cette doctrine. Quiconque n'est pas passé par une profonde conviction du péché, ou chez qui cette conviction concerne seulement des péchés flagrants, croit dans une certaine mesure au libre arbitre.»
2. Si telle est la vraie condition de l'homme, pourquoi l'Ecriture s'adresse-t-elle à la volonté de l'homme? N'est-il pas écrit, «Que celui qui veut prenne de l'eau de la vie, gratuitement»? (Apoc 22:17) Tout à fait et ces exhortations montrent que l'homme est responsable de se repentir, de croire et de recevoir Christ, devoirs qui, tous, impliquent une réponse de sa volonté. Mais, comme d'autres passages de l'Ecriture le prouvent, si les hommes répondent ainsi, c'est en raison de l'état de leur nature dont la volonté constitue l'expression. La volonté est la cause immédiate des actions de l'homme, et non la cause première.
L'homme ne peut être tenu responsable, affirment certains, de sa réponse face à l'Evangile, à moins d'être capable de choisir Christ; ainsi, pour beaucoup, le libre arbitre et la responsabilité humaine sont synonymes et il est impossible de nier l'une sans nier l'autre. Cette confusion conduit à accuser la foi réformée de ne pas faire justice à la responsabilité de l'homme en niant sa «libre volonté» (cf. note supplémentaire ci-dessous).
L'optique biblique et réformée de la responsabilité de l'homme est en réalité beaucoup plus profonde que la conception arminienne populaire. L'homme est non seulement responsable de sa volonté, mais de l'ensemble de sa nature, et, aussi longtemps que celle-ci demeure fidèle à ce que le péché (non pas Dieu) en a fait, il «ne reçoit pas les choses de l'Esprit de Dieu» (1 Cor 2:14), et il ne veut pas venir à Christ pour avoir la vie (Jean 5:40). Par conséquent, si c'est le devoir de tout homme de recevoir Christ, seule la volonté d'un homme renouvelé dans sa nature par le Saint-Esprit répondra à l'Evangile. - Les éditeurs
3. N'oublions pas que la théologie réformée ne nie pas, comme on le suppose trop souvent, la libre capacité de l'homme d'agir selon sa volonté. Cette question n'a rien à voir avec le libre arbitre (tel que ce mot est généralement utilisé) et les deux ne doivent pas être confondus.
Charles Hodge écrit: «La doctrine de l'incapacité de l'homme ne signifie pas que l'homme a cessé d'être un individu moral libre. Il est libre car il décide de ses propres actions. Tout acte de la volonté est un acte d'auto détermination libre. Il est un agent moral car il a conscience de son obligation morale et, quand il pèche, il agit librement contre les convictions de sa conscience ou les préceptes de la loi morale. Si l'homme préfère, comme les anges déchus, choisir le mal, il n'en est pas moins un agent moral libre que s'il préfère et choisit le bien comme les saints anges.» - Les éditeurs
4. Dans son livre sur la théologie historique, William Cunningham écrivit: «Le seul fondement pour offrir le pardon et le salut aux hommes est l'ordre et l'autorité de Dieu contenus dans sa Parole.» - Les éditeurs
Note sur la responsabilité
L'affirmation selon laquelle la responsabilité implique la capacité est un argument philosophique et non biblique. Elle fut popularisée au cours du siècle dernier par des évangélistes comme C G Finney et est acceptée maintenant de façon presque universelle. Après avoir étudié la position de Finney, Charles Hodge écrivait: «D'après Finney, la liberté de la volonté est essentielle à l'obligation morale, et nul n'est forcé d'accomplir l'impossible. Ces deux affirmations constituent pour lui une vérité première.
«Son erreur est évidente. Il transfère une maxime, qui est un axiome, d'un domaine dans un autre où elle n'a aucun pouvoir légitime. Un aveugle, c'est flagrant, ne peut être dans l'obligation de voir, ou un sourd d'entendre. Par suite, dans le domaine des impossibilités physiques, la maxime selon laquelle l'obligation est limitée par la capacité, est sans aucun doute exacte. Mais une incapacité dont l'origine provient du péché, qui consiste en ce qui est péché et se rapporte aux actions morales n'anéantit pas la continuation d'une obligation. Il s'agit de l'un des faits les plus familiers de la conscience, un sentiment d'obligation demeure en présence de la conviction d'une totale incapacité. C'est un dicton des philosophes: «Je devrais, donc je peux.» A quoi tout cœur chargé par le péché répond: «Je devrais en être capable, mais je ne le peux.» Voici le témoignage de la conscience et la doctrine simple de la Bible... C'était, a dit Neander, le principe radical du système de Pelage: la liberté morale consiste dans la capacité de choisir entre le bien et le mal.»
Accès libre au livre d'Arthur Pink "la souveraineté de Dieu "
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